Présentation

Modèle vivant (modèle nu, modèle artistique nu), définition

Un modèle vivant (ou modèle d'art ou modèle nu) est une personne posant pour un artiste, un cours ou un atelier en vue de la réalisation d'une œuvre artistique ayant pour objet, en tout ou en partie, le corps humain. Un nu académique est un dessin, une peinture ou une sculpture d’après modèle vivant donc d'après modèle nu. Le terme "modèle vivant" est préféré à "modèle nu" pour  ménager les esprits pudiques et pour bien souligner le côté "modèle" plutôt que le côté "nudité".

 

 Historique

C’est l’Antiquité qui  a mis à l’honneur le nu artistique dans l’art en le codifiant et en l’idéalisant. La Renaissance a remis le nu académique à la mode grâce aux frères Carracci à Bologne qui inscrivent l’étude du dessin d’après modèle vivant dans leur enseignement en créant leur « académie ». Les sources d’inspiration sont alors l’Antiquité, évidemment, la mythologie, mais aussi la Bible. Au XIXème siècle l’orientalisme apparaît avec les odalisques, les scènes de Hammams et de Harems : L'odalisque à l'esclave, Le bain turc,  La grande Odalisque, Le portrait de Marie-Louise O'Murphy, Jeune fille endormie, La mort de Sardanapale.
Le nu académique sera enseigné aux Beaux-Arts jusque dans les années 1970. Depuis l'art conceptuel s’est imposé et a éclipsé les autres formes d’enseignement. Le nu académique s'enseigne aujourd'hui dans les écoles et les cours privés, les ateliers d'artiste, les centres culturels.

 

Caractéristiques

Un modèle pose en vue d'un enseignement ou d'un projet artistique. Les modèles peuvent poser habillés ou nus, pour leur visage, leur corps, des parties de leur corps comme les mains, les jambes ou les pieds. Dans le cas où l'artiste ou l'enseignant ne demande pas une pose particulière, le modèle en propose, qu'il choisit selon le temps imparti. Une pose peut être difficile à tenir plus de quelques minutes et donc les poses longues seront moins variées que les poses courtes. Les poses longues durent de 20 à 45 minutes, le temps de pose, pour certains projets, peut atteindre plusieurs heures par périodes d'au maximum 45 minutes séparées par un quart d'heure de repos. Les poses plus courtes (3 à 15 minutes) servent pour des croquis rapides, c'est aussi le cas parfois pour des poses en mouvement.

Quels que soient son sexe, sa morphologie, son âge, sa plastique, le modèle est considéré pour ce qu'il est et la recherche d'un canon de beauté n'est pas le but, au contraire on recherche la diversité.

Pour les poses longues, le modèle doit être capable d'immobilité, et de retrouver la pose après un temps de récupération. Pour les poses courtes qui se multiplient au cours d'une séance, il doit faire preuve de créativité.

 

Enseignement

L'immobilité du modèle nu permet une étude de la morphologie, des proportions, des volumes, ombres, lignes et gestuelle du corps humain. Le sujet, la variété infinie des morphologies et des poses possibles, font de l'étude du modèle et de la représentation du corps un exercice de base dans toutes les disciplines artistiques, graphiques et plastiques. Dans le dessin, par exemple, le croquis de nu est une des pratiques de l'apprentissage du dessin d'observation.

Dans le cadre de l'enseignement, il existait autrefois un répertoire de poses prises sur des œuvres classiques, notamment la statuaire antique. Le modèle peut rechercher le naturel ou l'expression, mais aussi les poses académiques, il s'inspirera de ses propres expériences (sport, danse, activités du quotidien, culture artistique...).

 

Création

Dans l'art figuratif, le recours à un modèle vivant permet à l'artiste de s'assurer de la conformité de ce qu'il représente ; le modèle contribue à renouveler son imagination pour lui éviter de reproduire sans cesse la même manière et s'éloigner de la nature.

Au XIXe siècle des jeunes femmes comme Madame Cavé ou Victorine Meurant gagnent leur vie en posant, faute de vivre de leur production artistique. Dans la position de modèle, elles observent dans l'atelier les méthodes et le style des peintres, apprennent informellement des aspects du métier, participent au milieu artistique. Suzanne Valadon, devenue célèbre pour son propre compte, confiera à un critique d'art quelques souvenirs de modèle : « chez Puvis de Chavannes […] j'ai posé non seulement les femmes, mais les jeunes gars. Je suis cet ephèbe qu'on voit ici […] il a mes bras et mes jambes. Puvis me demandait de lui donner une attitude, un mouvement, un geste. Il transposait et il idéalisait ».

 

Reconnaissance du modèle

Une tendance se dessine ces dernières années dans le milieu des modèles nus, elle consiste en un regroupement sous forme de syndicat afin d'améliorer les conditions de travail et le statut des modèles vivants. En particulier un problème récurrent est la reconnaissance administrative du métier de modèle et sa distinction du mannequinat.